10.10.2007
Portrait.
u Coup de chapeau
Le 10 avril dernier, Marcel Royez, quittait la FNATH après 19 années comme secrétaire général. Il occupe désormais le poste de conseiller aux Affaires sociales à l’ambassade de France au Maroc. Portrait d’un communicateur. Et témoignages...
S ’il manque le recul, il reste la spontanéité du coup de chapeau ! Le souvenir du passage remarqué de Marcel Royez, 52 ans, est évidemment toujours vivace pour ce dirigeant qui n’a pas pu laisser indifférent ! « J’ai toujours en mémoire cette anecdote, confie, gourmand, Claudius Ravachol, notre billettiste. À ses tous débuts, la veille de la séance de clôture du congrès de Savoie, je me souviens que Marcel avait oublié le texte de son intervention. Nous avons improvisé en engageant un dialogue direct avec la salle sous la forme de questions-réponses. » « La méthode avait plu, convient Ravachol. Depuis elle a fait école. Et Marcel ne tarda guère à pouvoir s’exprimer sans texte devant d’autres auditoires... »
Nul besoin de notes... « Il a cette volonté de convaincre ses interlocuteurs et il sait argumenter », souligne ainsi le président de la FNATH, Jean-Pierre Monier. Marcel ? : « un homme qui n’accepte pas la défaite et possède cette volonté de réussir », selon ce dernier. « Un mélange de ténacité et de souplesse », ajoute plus, nuancé, Patrick Gohet, le délégué interministériel aux Personnes handicapées. Assurément, une personnalité de « forte conviction », acquiesce Claude Évin, l’ancien ministre de la Santé, pour compléter ce tableau. Avec Marcel, en effet, il fallait de meilleurs arguments encore, si c’était possible, pour emporter le morceau ! À ce prix, il doit pouvoir néanmoins se laisser convaincre...
Détermination
« Marcel, c'est d'abord une volonté farouche et une exigence envers lui-même plutôt hors du commun », rajoute François Desriaux, le rédacteur en chef de la revue Santé et Travail et président de l’Association de défense des victimes de l’amiante (Andeva). Une association que la FNATH a contribué à créer et dont Royez a été le premier président. « S'il n'avait pas eu cette détermination, quand jeune adolescent de 17 ans et apprenti cuisinier, il s'est fracassé en moto contre une camionnette en se rendant au petit matin à son travail, il ne s'en serait sans doute pas sorti. » En effet, semble-t-il lui répondre, « lorsque l’on découvre l’univers de la FNATH à 18 ans et demi (en 1974), on n’a aucune idée de ce que l’on peut devenir. » « Mon père avait été résistant et déporté. Ma mère, elle, a été victime civile du bombardement de Dunkerque. Tous les deux avaient la fibre militante. Ils ont repéré cette association de mutilés du travail et m’en ont parlé. » Mutilé du travail, pour un jeune homme, c’était une terminologie qui datait un peu... « mais, bon, je suis allé voir et j’ai commencé par donner des coups de main, se souvient l’ancien secrétaire général. Ça m’a pris. » Il réfléchit : « Oui, c’est le bon mot. La FNATH a occupé presque toute ma vie durant 30 ans. Cette association m’a pris et m’a transporté. Je devais renoncer à mon premier métier et j’avais envie, à mon tour, de venir en aide aux autres. »
B.a.-ba
Marcel Royez a commencé en tant que responsable juridique du groupement du Lot-et-Garonne. C’est Jean Daniel, le secrétaire général du plus grand groupement, à l’époque, le Morbihan, qui lui met le pied à l’étrier. « Avec lui, j’ai appris à diriger quelqu’un dans le maquis des aides juridiques. J’ai beaucoup lu. J’ai acquis le b.a.-ba du militantisme. » Jacques Chenu, le secrétaire général de la Fédération d’alors, l’a appelé rapidement au siège à Saint-Étienne. « J’ai touché à tout et ai travaillé avec un autre de mes maîtres, Roger Dauphin, chargé du journal et de la communication. » Pour Jean-Pierre Monier, il est clair, que s’ouvrait devant lui une carrière. « Il a fait ce qui fallait en se formant, mais il a aussi été choisi par les dirigeants d’alors qui avaient détecté chez lui les qualités d’un potentiel successeur. » Quinze ans après son adhésion, en 1988, il devient secrétaire général.
« Il a ouvert la Fédération à l’ensemble des accidentés de la vie, étendu notre champ d’intervention à tous les domaines de la vie sociale. Il a développé l’action revendicative dans les domaines de la santé publique (amiante, combat pour la réparation intégrale)..., et il a également accrû notre audience médiatique », juge Ravachol. « Marcel a déployé toutes les qualités requises d’un dirigeant associatif : l’animation des équipes, l’activation des réseaux et une démarche très constructive avec l’ensemble des partenaires », considère la nouvelle ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. « Il était passionné, à l'affût de la moindre avancée sociale pour les victimes du travail et les personnes handicapées et, grâce à son sens de la communication, à son réseau relationnel, il a remporté des succès importants et décisifs. Et, surtout, il a su faire de la FNATH un partenaire incontournable sur ces questions », précise François Desriaux. Beaucoup tracent le portrait d’un communicateur, de l’homme médiatique, de ses qualités et de sa rapidité d’écriture.
Revendications
Surtout, « nous avons obtenu de grandes revendications, ajoute Marcel Royez. Comme la suppression de ce fameux “ caractère irréfragable des conclusions de l’expert ” ! Jusque-là, dans le contentieux qui opposait un assuré à sa caisse, explique-t-il, l’expert avait toujours le dernier mot. On y a mis fin, en 1988 au bout de 30 ans. » « Bien sûr, je n’oublie pas le combat contre l’amiante. Je n’oublie pas non plus la reconsidération du système de santé au travail et tout le travail effectué dans le cadre de la nouvelle loi handicap de 2005 avec Arnaud de Broca, aujourd’hui mon jeune successeur. »
Il y a des déceptions aussi... « Malgré toutes nos mobilisations, nous n’avons pas obtenu la réparation intégrale des victimes du travail. On l’a ratée de peu. Un de mes combats aussi, qui n’a pas toujours été compris, a été de m’opposer à une forme de dialogue social réduit aux acquêts. J’ai beaucoup critiqué le paritarisme dans sa forme actuelle qui revient à une forme de confiscation par les seuls partenaires sociaux de l’entreprise. Il existe un intérêt supérieur qui serait mieux défendu si ce dialogue incluait les partenaires de la société civile, les associations, les représentants des usagers. Sans oublier l’État qui ne doit jamais abandonner ses responsabilités (la leçon de l’amiante doit être retenue). » Pause. « Je pense aussi que je n’ai pas suffisamment réussi à convaincre la FNATH, ses responsables et les groupements, de réaliser les restructurations nécessaires et urgentes pour son avenir... »
« Marcel était moins tourné vers les problèmes internes à l'organisation..., commente François Desriaux. Mais c'est probablement le domaine où son caractère entier et exigeant s'accommodait le moins avec cette fonction... » « Il faut vivre son départ plutôt comme une chose positive, ajoute-t-il. Pour lui d'abord, car un poste de dirigeant national d'une organisation comme la FNATH, c'est usant. Pour la FNATH ensuite qui va forcément se renouveler. » « J’avais prévenu que je ne ferais pas toute ma carrière à la FNATH, rappelle l’ancien secrétaire général. C’est logique, quand vous rentrez, jeune, dans une structure, vous avez, au bout d’un temps, envie de passer à autre chose. Il faut admettre que l’on peut devenir soi-même un frein au développement de la structure que l’on dirige. On a envie de passer le relais et de respirer ailleurs. »
Portrait
Pierre LUTON
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17.07.2007
Michel Cloitre témoigne pour la F.N.A.T.H.
Voici un exemple de l’utilité des services que peut rendre l’association des accidentés de la vie à ses adhérents et leurs ayants droit. Propos retenu par un membre de l’équipe Cartusienne.
A
Etant grand invalide civil au taux de 100% + tierce personne, titulaire d’une notification de rente accident du travail depuis juin 1963, adhérent à la FNATH, depuis cette date, je n’ai repris aucune activité professionnelle. Je me suis marié en avril 1977, depuis cette date mon conjoint a cessé son travail et j’ai fais conformément à la loi du 30 juin 1975, une demande en déposant un dossier à la C.O.T.O.R.E.P. (devenue maintenant « Maison Départementale pour les personnes handicapés : MDPH) afin qu’elle puisse bénéficier de l’allocation gratuite à l’assurance vieillesse, comme ayant droit, en tant que tierce personne bénévole d’un grand handicapé : taux 100 % les cotisations étant payées par la caisse d’allocations familiales de la Savoie étant donné que je réside à Chambéry. Cet avantage, accordé depuis avril 1977, date de mon mariage, devait être renouvelé obligatoirement. Tous les 5 ans par contrôle et décision de la C.O.T.O.R.E.P. après constitution d’un nouveau dossier.
Le 1er juin 1998, une notification de rejet m’a été notifiée après décision négative de la commission prétextant que c’était à moi de verser les cotisations pour que mon épouse continue à bénéficier de cet avantage, suite à une modification de cette loi par décret : 381-1 circulaire du 15 avril 1998 parue au journal officiel. (Cette loi s’applique désormais aux parents ayant un enfant handicapé qui passe du bénéfice de l’allocation d’éducation spécialisé ‘A.E.S.) à l’allocation d’adulte handicapé (A.A.H..). Afin de rétablir les droits obtenus jusqu’alors par mon conjoint et pour continuer de faire appliquer la loi du 30 juin 1975, j’ai donc pris la décision de contester cette notification de rejet et j’ai demandé au service juridique de la F.N.A.T.H. de Grenoble de me constituer un dossier de défense et de le porter devant le tribunal des instances sociales de Chambéry, ville où je réside.
Le tribunal m’a convoqué ainsi que la C.O.T.O.R.E.P. l’audience a eu lieu en avril 1999, le service juridique de la F.N.A.T.H. de Chambéry m’a représente, mon conjoint en tant que tierce personne bénévole était présente. La décision du tribunal m’a été notifiée en août 1999, la loi du 15 juin 1975 a été appliquée, à savoir le rétablissement des droits à l’affiliation gratuite à l’assurance vieillesse, payée par la C.A.F. et accordé jusqu ‘au jusqu’au 1er juillet 2009, date du départ de sa retraite.
La C.O.T.O.R.E.P. a été déboutée et n’a pas contesté la décision du tribunal dans les délais légaux.
Merci à Michel Cloitre pour ce témoignage.
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